Autisme : l’altération de ce gène serait responsable

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Les troubles de l’autisme concernent environ 700 000 personnes en France selon l’Inserm. Si ce
trouble neuro-développemental alterne les relations aux autres, il n’existe actuellement aucun
traitement. Une récente étude en dévoile davantage sur l’autisme. Selon les chercheurs, un gène en
particulier pourrait y être lié, et cela fournirait des espoirs quant à la mise en place d’un traitement.

Les troubles du spectre de l’autisme (TSA) apparaissent dans la petite enfance, et restent à l’âge
adulte. Ce trouble du neurodéveloppement a une origine principalement génétique. Une récente
étude s’est penchée sur l’impact d’un gène, le TOP2a, réputé pour être lié à l’autisme.
Selon cette recherche de l’Université de l’Utah (Etats-Unis), une altération de ce gène serait
responsable des difficultés de comportement social associées aux troubles de l’autisme. Les résultats
ont été publiés le 23 novembre dans la revue Sciences advances.

L’altération du gène TOP2a est liée au développement de l’autisme
Les chercheurs ont mené cette étude sur des embryons de poissons zèbres. Ils les ont exposés à
plus de 1 100 médicaments connus, un médicament étant testé sur 20 embryons différents. Le test a
duré 72 heures, soit trois jours après la conception de l’embryon.
Parmi ces médicaments, quatre ont réduit considérablement la sociabilité des poissons zèbres. Ces
quatre médicaments appartenaient à la classe d’antibiotiques appelés les fluoroquinolones. Ces
derniers sont utilisés pour traiter les voies respiratoires chez les humains. Lors de l’étude, les
chercheurs ont découvert que ces médicaments supprimaient le gène TOP2a, qui agit sur un groupe
de gènes connus pour être impliqués dans l’autisme chez l’homme. Ainsi, l’altération de ce gène est
bien responsable des troubles de l’autisme.
« Il est possible que ces quatre composés ne soient que la pointe de l’iceberg en termes de
substances qui pourraient être problématiques pour l’exposition embryonnaire », a précisé le
professeur Peterson, auteur de l’étude.


Autisme : les comportements antisociaux peuvent être inversés à l’âge adulte
Si ces médicaments peuvent provoquer l’autisme, d’autres, au contraire, pourraient inverser les effets.
Pour observer si les comportements antisociaux des embryons pouvaient s’inverser, les chercheurs
leur ont donné un traitement expérimental appelé UNC 1999.
Après avoir reçu le traitement, les poissons étaient plus susceptibles de nager près d’autres poissons.
Ainsi, le médicament peut aider à rétablir la sociabilité. « Cela m’a vraiment surpris parce que j’aurais
pensé que perturber le développement du cerveau lorsque vous êtes un embryon serait irréversible.
Mais cette étude suggère que même chez ces individus plus tard dans la vie, on peut toujours avoir
un impact et rétablir la sociabilité”, a expliqué le professeur Peterson.
Les chercheurs prévoient de faire davantage de recherches afin d’en savoir plus sur ce médicament,
pour comprendre pourquoi et comment il a cet effet sur le gène TOP2a, et donc, sur nos relations aux
autres. De plus, l’étude ayant été menée sur des animaux, d’autres tests devront confirmer cette
hypothèse sur l’humain.


Ces premiers résultats donnent tout de même de l’espoir quant à la mise au point d’un futur
traitement. « Cela nous donne également l’occasion d’explorer des traitements potentiels qui
pourraient restaurer la sociabilité chez ces animaux et, peut-être avec le temps, chez l’homme
également”, conclut l’expert.


Sources
https://neurosciencenews.com/gene-social-asd-21936/
https://www.inserm.fr/dossier/autisme/